Incendie dans le logement : indemnisation et démarches

Un incendie détruit d'abord les preuves. Les factures, les emballages, les objets eux-mêmes : tout ce qui aurait servi à chiffrer le préjudice part avec le reste.

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Les premières heures

Après un incendie, la priorité est évidemment la sécurité : ne réintégrez le logement qu'avec l'accord des secours, coupez l'électricité et le gaz, méfiez-vous des structures fragilisées et des fumées résiduelles.

Vient ensuite un réflexe moins naturel, et pourtant décisif : ne rien jeter. Il est expressément recommandé de conserver tous les objets endommagés, même détériorés ou brûlés. Ce sont eux qui permettront d'identifier ce qui a été détruit.

  1. Photographier l'ensemble, puis le détail

    Chaque pièce, les traces, les résidus, les appareils reconnaissables. Ces images serviront à l'expert et à vous — la mémoire d'un intérieur s'efface très vite quand il n'existe plus.

  2. Prévenir l'assureur, même sans dossier

    Le délai porte sur la déclaration, pas sur le dossier complet. Signalez le sinistre immédiatement, complétez ensuite.

  3. Conserver toutes les factures d'urgence

    Bâchage, sécurisation, nettoyage de première nécessité, hébergement : elles pourront être prises en charge sur justificatif.

  4. Ne pas engager la remise en état

    Faites établir des devis, envoyez-les à l'assureur, attendez son autorisation. C'est lui qui dira s'il faut attendre le passage d'un expert.

Cinq jours ouvrés pour déclarer

Le délai légal minimal est de 5 jours ouvrés suivant l'incendie ou l'explosion. Si vous n'en avez pas eu connaissance sur le moment — résidence secondaire, absence prolongée — le délai part de la date à laquelle vous l'apprenez.

Le contrat peut prévoir un délai plus long, jamais plus court. Et en cas de retard, l'assureur ne peut refuser l'indemnisation que s'il prouve que ce retard lui a causé un préjudice.

Locataire ou propriétaire, la déclaration se fait auprès de votre assureur ou de l'intermédiaire qui gère le contrat. Indiquez notamment si l'origine du sinistre se situe à l'extérieur de votre logement : cela permet à l'assureur de vérifier si la responsabilité peut être imputée à un tiers — voisin, copropriété. Un modèle de lettre de déclaration est disponible.

Reconstituer ce qui a brûlé

C'est la difficulté propre à l'incendie, et elle n'a pas d'équivalent dans les autres sinistres : vous devez justifier des dommages subis alors que les justificatifs eux-mêmes ont brûlé. Le classeur de factures était dans le bureau. Les emballages étaient à la cave.

Ce qu'il faut rassembler :

  • Tout ce qui permet d'identifier les biens détruits : factures, photos, bons de garantie
  • Les preuves de la disparition ou de la détérioration : rapport de police ou de gendarmerie, photos du logement
  • Les objets endommagés eux-mêmes, conservés en l'état
  • Les devis de remise en état des locaux et des objets réparables

La règle proportionnelle, ou le piège de la sous-assurance

Le montant de la couverture est déterminé par la valeur déclarée au contrat — ce fameux « capital mobilier » qu'on estime à la louche au moment de la souscription, puis qu'on ne revoit jamais.

Or, en cas de sous-assurance — valeur déclarée inférieure à la valeur réelle — l'indemnisation est réduite proportionnellement. Service-Public.fr donne l'exemple, et il est brutal :

SituationMontant
Valeur réelle de vos biens100 000 €
Valeur déclarée au contrat50 000 €
Dommages causés par l'incendie40 000 €
Indemnisation versée20 000 € — soit 50 % du préjudice
Vous n'êtes assuré qu'à la moitié de la valeur réelle : l'indemnité est réduite dans la même proportion, même si le sinistre est très inférieur au capital déclaré.

La conséquence pratique : l'écart entre ce que vous possédez et ce que vous avez déclaré ne se paie pas le jour de la souscription, il se paie le jour du sinistre. Et la seule façon de connaître cet écart, c'est d'avoir un inventaire chiffré de son mobilier.

À l'inverse, sur-déclarer ne rapporte rien : vous payez une prime plus élevée pour une indemnisation qui restera plafonnée au préjudice réel. Le bon montant est le montant juste, et il se calcule.

L'expertise, et ce qu'on attend de vous

L'expertise n'est pas obligatoire, mais l'assureur a le droit de désigner un expert s'il l'estime nécessaire. Son rôle est double : préciser les causes du sinistre et évaluer le montant des dommages.

Préparez le rendez-vous comme un dossier, pas comme une visite : liste des biens détruits, photos antérieures, factures, devis. Un expert évalue ce qu'on lui présente. Ce que vous ne pouvez pas montrer n'entrera pas dans le calcul.

Vous pouvez faire appel à un expert d'assuré à vos frais — souvent pertinent sur un incendie, où les montants en jeu sont élevés. Et si le désaccord persiste : service réclamation, puis médiateur de l'assurance, en gardant à l'esprit le délai de prescription de deux ans.

Logement inhabitable : hébergement et relogement

Si l'incendie rend le logement inhabitable, l'assurance peut prendre en charge votre hébergement d'urgence, puis votre relogement lorsque les travaux durent — si le contrat le prévoit.

Les modalités varient : certains contrats prévoient une indemnisation forfaitaire, d'autres un remboursement sur justificatifs. Vérifiez le plafond et la durée maximale de prise en charge, et conservez chaque facture d'hébergement dès la première nuit.

Ce qui se prépare avant

Un incendie est le sinistre où l'écart entre « avoir un inventaire » et « ne pas en avoir » est le plus grand, pour une raison simple : c'est le seul où il ne reste littéralement rien à photographier après.

Ce que fait spiti

Vos biens, vos photos et vos factures vivent hors du logement, chiffrés dans votre navigateur avant d'être envoyés : ni le feu ni notre hébergement ne peuvent les lire (voir Sécurité). Chaque fiche porte la marque, le modèle, le numéro de série, la date et le prix d'achat — c'est-à-dire précisément ce que réclame l'expert, et ce qui permet aussi de vérifier chaque année que le capital mobilier déclaré correspond encore à la réalité.

Le plan gratuit suffit à constituer l'inventaire, sans carte bancaire ; avec spiti+, le dossier s'exporte pour l'assureur. Voir les tarifs, ou la vue d'ensemble des délais dans déclaration de sinistre habitation.

Questions fréquentes

Faut-il conserver les objets brûlés ?

Oui. Il est expressément recommandé de garder tous les objets endommagés lors du sinistre, même détériorés ou brûlés : ils servent à identifier ce qui a été détruit et à en établir la valeur. Ne jetez rien avant l'accord de l'assureur ou le passage de l'expert.

Mon logement est inhabitable : qui paie l'hôtel ?

L'assurance peut prendre en charge l'hébergement d'urgence, puis le relogement si les travaux durent, à condition que le contrat le prévoie. Certains contrats indemnisent au forfait, d'autres sur justificatifs. Vérifiez le plafond et la durée maximale de prise en charge dans vos conditions particulières.

Puis-je commencer les travaux avant le passage de l'expert ?

Non, sauf accord de l'assureur. Envoyez-lui les devis de remise en état et attendez son autorisation : il vous dira s'il faut attendre l'expert. Des réparations engagées trop tôt exposent à une réduction ou à un refus d'indemnisation des frais correspondants.

Sources

Les règles citées ici viennent de sources publiques, vérifiées au 5 septembre 2026. Un contrat d'assurance ou une garantie commerciale peut être plus favorable : c'est le vôtre qui fait foi.

Ce guide est plus simple à appliquer avec spiti

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